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 Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)

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Emile
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PostSubject: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Thu 13 Dec - 12:53

Depuis quelques temps je m'intéresse de très près aux sciences de la cognition, notamment aux sciences qui étudient le cerveau ainsi qu'à l'éthologie. Je trouvent qu'elles apportent à la pratique des arts martiaux (et toutes les pratiques corporelles) un éclairage des plus pertinents. J'ajouterais également qu'elles peuvent apporter beaucoup en matière d'apprentissage (méthodologies, etc).
L'éthologie, quant à elle, qui est l'étude des comportements animaux, rejoint les sciences cognitives dans le sens ou elle apporte un éclairage sur nos propres comportements à partir de l'étude des comportements animaux.

Je propose donc de dresser ici une liste bibliographique des ouvrages qui dans ces domaines m'auront le plus intéressés.
J'ajouterais également des ouvrages d'autres domaines plus ou moins relatifs, telle que la paléo-anthropologie par exemple.

Bien sûr cette liste est ouverte à vos commentaires et ajouts si ces domaines vous intéressent.


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Emile
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PostSubject: Alain Berthoz   Thu 13 Dec - 17:58

Je commence par Alain Berthoz qui est ingénieur, psychologue, neurophysiologiste et professeur au Collège de France.

"Le sens du mouvement", Ed.Odile Jacob, 1997, 345p.
"La décision", Ed.Odile Jacob, 2003, 350p.
"L'empathie", Ed.Odile Jacob, 2004, 308p.

Le plus intéressant ouvrage de l'auteur reste pour moi "Le sens du mouvement" qui a été une sorte de révélation, notamment par son idée du cerveau comme simulateur d'action ou anticipateur du monde extérieur.

Voici ici les quatrièmes de couverture de ces trois ouvrages :

Quote :

Le sens du mouvement
Notre cerveau n'est pas un calculateur prudent qui nous adapte au monde, c'est un simulateur prodige qui invente des hypothèses, modélise et trouve des solutions qu'il projette sur le monde. Cette intuition de philosophe se présente ici comme une propriété physiologique. Comprendre ces mécanismes, c'est comprendre comment le cerveau anticipe l'orientation d'un regard, la trajectoire d'une balle ou la perte de l'équilibre. C'est encore comprendre pourquoi nous avons le vertige, pourquoi une certaine architecture moderne nous rebute et pourquoi les peintures de Lascaux nous fascinent. L'enjeu de ce livre est aussi de nous expliquer comment nos perceptions peuvent être manipulées, au risque de nous préciser dans la haine et la destruction de l'autre.


Quote :

La décision
Fidèle à sa conception du cerveau, non pas calculateur ni compilateur mais simulateur d’action, Alain Berthoz renouvelle dans ce livre toute la théorie psychologique de la décision. Au lieu de considérer la décision comme un processus rationnel, fondé sur des outils logiques, il en fait la propriété fondamentale du système nerveux, dont la fonction est de préparer, de commander et de réguler l’action. C’est dans ce cadre qu’il décrit les pathologies de la décision (agnosie, aphasie, simultanagnosie, obsessions, etc.)
La première décision - capturer ou fuir - est vitale : elle définit tout être vivant, à la fois prédateur et proie. Cette décision met en jeu le corps, comme d’autres, ainsi l’équilibre et la marche. Et dans un chapitre qui bouleverse bien des idées reçues, il démontre l’existence d’un double en chacun de nous (héautoscopie) qui apparaît souvent dans les rêves mais que nous ne cessons de prendre à témoin, notamment pour nous encourager ou nous stimuler.
Il montre comment la perception est essentiellement une décision. Percevoir, ce n’est pas seulement combiner, pondérer, c’est sélectionner, c’est décider. C’est, dans la masse des informations disponibles, choisir celles qui sont pertinentes par rapport à l’action envisagée. C’est, en outre, lever des ambiguïtés, c’est choisir entre des formes rivales, c’est trancher dans des conflits sensoriels. Il propose enfin une « physiologie de la préférence ». Non seulement la perception est décision, mais la mémoire l’est tout autant. Mémoriser c’est toujours faire un choix, l’oubli est toujours sélectif.
Avec ce livre, Alain Berthoz poursuit son enquête sur le cerveau parieur, ou comment décider, c’est prédire.

Quote :

L'Empathie
Comment peut-on prendre le point de vue des autres tout en restant soi-même ? Comment parvient-on à ressentir les émotions des autres ? À pressentir leurs intentions ? À comprendre leurs motivations ? À leur attribuer des croyantes ? En quoi l'empathie se distingue-t-elle de la sympathie ? De la compassion ? Pourquoi le défaut d'empathie provoque-t-il des troubles du comportement ? Existe-t-elle entre les hommes et les animaux ? Ce livre dresse l'état des connaissances sur l'empathie et présente les recherches en cours dans différents domaines, de la psychologie cognitive à la psychologie clinique, de l'éthologie à l'éthique, de la philosophie à la théologie.
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Emile
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Sat 26 Jan - 9:26

On parle souvent dans les arts martiaux, du moins en France, d'union ou d'harmonie du corps et de l'esprit.
Dans la pensée occidentale "classique", et notomment depuis Descartes, le corps et l'esprit sont considérés séparément, alors que la pensée traditionnelle japonaise (pour ne citer que celle-ci) les considère étroitement liés.
Pour les japonais, si je puis m'exprimer ainsi, l'harmonie du corps et de l'esprit n'est donc pas vraiment un objectif ou un problème, puisqu'ils forment déjà un ensemble cohérent, mais plutôt d'un état de fait, corps et esprit se reflètant mutuellement. Les arts martiaux sont donc considérés comme une méthode de formation globale de la personne grâce à leur action à la fois sur le corps et sur l'esprit.

Or depuis quelques années les progrès de la neurobiologie nous apprennent qu'effectivement corps et esprit ne sont pas deux entitées indépendantes mais bien un ensemble cohérent, l'état du corps influençant le fonctionnement de la pensée et la pensée influençant le fonctionnement du corps.

La même chose peut être dite au sujet de la problématique homme/animal ou humanité/animalité. Qu'est-ce qui distingue l'homme de l'animal et réciproquement. On avait longtemps fait en "occident" une distinction très nette entre l'homme et l'animal, ce dernier étant considéré comme une sorte de "machine" (Descartes) sans émotions, sans intention ou sans facultés cognitives.
Or les progrès de l'éthologie (étude du comportement animal) ou de la paléanthropologie nous apprennent que les soi-disant limites que nous avions consciencieusement établies pour nous distinguer des animaux ne sont pas si nettes et que l'homme ne représente pas le sommet d'une pyramide évolutive. En effet un certains nombre d'animaux ont développé l'usage d'outils (singes, oiseaux entre autres), du language, de l'agriculture, de l'élevage (fourmis), et on parle même de transmission culturelle chez l'animal (utilisation d'outils chez les singes, excavation de cavernes chez les éléphants pour trouver du sel, adoption de techniques de chasses particulières ches les orques...).

je suis persuadé que ces nouvelles considérations sur le corps, l'esprit, l'homme et l'animal peuvent nous apporter un éclairage nouveau sur la pratique des arts martiaux, bien au delà des clichés et des mythes qu'on ne cesse d'y véhiculer.
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Sun 27 Jan - 9:50

Je continue donc ma liste bibliographique avec cet ouvrage:

Jean-Pierre Changeux, "L'homme neuronal", Hachette, 1998, 379p.


Amazon.fr wrote:

Idées clés, par Business Digest
Le cerveau est une mécanique complexe.
Les différentes structures élémentaires du cerveau peuvent être analysées comme serait démontée une machine. Cependant, il ne peut pas être comparé à un ordinateur tant son organisation intime ainsi que ses modalités de fonctionnement sont complexes. En outre, il est capable de s'auto-organiser et de s'auto-programmer !
Toute activité mentale nécessite un substrat organique.
Pour le neurobiologiste, la pensée est le résultat d'interactions entre neurones où l'influx nerveux emprunte un chemin qui serait idéalement objectivable. Mais les connaissances scientifiques visant à argumenter cette thèse sont encore fragmentaires.
Le cerveau s'adapte à son environnement.
L'enfant a la capacité d'inscrire à l'intérieur même de ses réseaux neuronaux, les acquis conceptuels de son milieu social. Ceci signifie que les gènes ne sont pas les seuls à modeler le cerveau, mais signifie aussi que le cerveau ainsi constitué conditionne notre représentation du monde. --Ce texte fait référence à l'édition Reliure inconnue .

Business Digest
«Les hommes jugent les choses suivant la disposition de leur cerveau». Jean-Pierre Changeux, en exergue de sa conclusion, rappelle ce propos de Spinoza, ajoutant non sans humour : «Tout ouvrage de réflexion sur le cerveau se trouve indéniablement limité à la fois par la «disposition» du cerveau de celui qui l'écrit et par l'état des connaissances au moment où il l'écrit».
À cette «disposition» du cerveau ce livre est consacré, en vue, nous dit l'auteur, de transmettre à un public non spécialisé l'état de la science. Mais le projet est plus ambitieux. Jean-Pierre Changeux ne se contente pas de présenter ou de commenter des expériences ou des découvertes. Il cherche à apporter une réponse à la question qui traverse de bout en bout son ouvrage. Existe-t-il un lien entre le cerveau-matière, objet d'exploration de la science, et les états de conscience ? Et, si tel est le cas, quel serait la nature de ce lien ?

Au fil des pages la réponse proposée se dessine. Que nous apprend la recherche expérimentale et l'exploration du cerveau ? Que la conscience aurait un support matériel. Elle en serait même issue. Mais alors, comment comprendre les étonnantes possibilités du cerveau humain et la forme immatérielle de notre conscience ? Pour l'auteur, les extraordinaires possibilités combinatoires «liées au nombre et à la diversité des connexions du cerveau de l'homme paraissent suffisantes pour expliquer les capacités humaines».

Cette thèse est-elle tout à fait convaincante ? L'homme de science ne cache pas la dimension spéculative que prend parfois son propos. Il est aussi conscient des nombreux sauts qualitatifs proposés et accepte d'avance le reproche de passer, par simple analogie, du système nerveux de la mouche drosophile ou du rat, à celui de l'homme. Il reconnaît tout cela avec une grande humilité qui n'enlève rien, ni à la force de sa conviction, ni à l'intérêt de ses propositions.

Mais, une autre objection se présente, empruntée au projet lui-même. Chercher à percer les secrets du cerveau est, en même temps, faire acte de conscience. L'auteur ne cesse de le montrer, racontant l'histoire des représentations, des modèles, des idées que, au cours des siècles, nous nous sommes faits de notre cerveau. Cependant, le cerveau dépasse les modèles qui voudraient l'enfermer. L'expérience se dérobe et la théorie cherche à la remplacer. Pour s'approcher de l'origine de la conscience, décrire le cerveau conduit à l'imaginer.

Cette origine se laissera-t-elle un jour entièrement dévoiler ? On peut en douter... Comment passer, en effet, des mécanismes physiques, biologiques, des réactions chimiques, physiologiques, etc., du cerveau-matière à cette réalité insaisissable : la conscience ? Peut-on le faire en paraissant oublier que chaque approche scientifique n'est elle-même que l'expression de cette conscience ? C'est pourquoi, je voudrais accorder quelque crédit au neurologue John C. Eccles, Prix Nobel de Médecine, lorsqu'il écrit : «Je maintiens que le mystère de l'homme est incroyablement diminué (à tort) par le réductionnisme scientifique et sa prétention matérialiste à rendre compte du monde de l'esprit en termes de simple activité neuronale.»

Pour un homme d'entreprise, quel intérêt à lire ou à relire aujourd'hui «l'Homme Neuronal» ? On s'imagine parfois que l'entreprise, fruit de l'organisation humaine et composée d'hommes, pourrait fonctionner comme une machine. J.P. Changeux nous en fera perdre l'illusion. La complexité de notre cerveau et de son fonctionnement, l'énigme maintenue de la production de la conscience nous mettent en garde. Le cerveau est à ce point symbolique de notre espèce humaine que nous nous définissons comme «Homo sapiens». Et nos sociétés comme nos entreprises sont marquées de ce sceau.

Mieux comprendre la complexe organisation de notre cerveau pour découvrir sa richesse peut nous aider à mieux redécouvrir les ressources de notre conscience. Elles prendront, par exemple le nom de valeurs, les nôtres propres comme celles de nos institutions. Car, «Si les hommes jugent des choses selon la disposition de leur cerveau», ils agissent selon leurs systèmes de valeurs. Et il est difficile de penser que ces valeurs relèveraient seulement de la structure neuronale, même si, à l'inverse, conscience et cerveau doivent rester indissolublement liés. -- Bernard Bougon --
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Mon 28 Jan - 11:26

Jean-Pierre Changeux a également écrit plusieurs autres ouvrages tout à fait intéressant ou il aborde des problèmes que l'on pourrait penser sans rapport avec la biologie du cerveaux.

"L'homme de vérité", Ed.Odile Jacob, 2004, 480p.
Amazon wrote:
Présentation de l'éditeur
Comprendre les processus neurologiques nécessaires à la conscience est une étape décisive pour la compréhension de l'acquisition des connaissances. Ce qui paraît vrai à quelqu'un ne l'est pas forcément aux yeux de quelqu'un d'autre, en toute conscience. Celui que ment le sait, mais pas nécessairement celui qui reçoit le message.
Quelle est la relation qui peut exister entre des faits ou objets du monde extérieur et des objets de pensée, des états intérieurs, produits par notre cerveau ? Comment cet accord est-il possible ? Comment s'établit-il ? Comment est-il mis à l'épreuve ? Comment évolue-t-il ? Comment valider l'adéquation de nos connaissances à la réalité du monde sinon en les communiquant par le langage et en les soumettant à un débat critique ? N'est-ce pas là l'origine d'une activité spécialisée que nos sociétés ont développée dans leur quête de vérité : la science ?
Telles sont les grandes questions auxquelles Jean-Pierre Changeux, à partir des données les plus récentes de la recherche sur le cerveau, apporte un éclairage nouveau.

Quatrième de couverture
Comment se fait-il que la capacité à dire le vrai soit un trait propre à l'espèce humaine ? Quelle est la relation qui peut exister entre des faits ou des objets du monde extérieur et des objets de pensée, des états intérieurs, produits par notre cerveau ? Comment valider l'adéquation de nos connaissances à la réalité du monde sinon en les communiquant par le langage ? N'est-ce pas là l'origine d'une activité spécialisée que nos sociétés ont développée dans leur quête de vérité : la science ? Telles sont, entre autres, les grandes questions sur lesquelles Jean-Pierre Changeux, se fondant sur les avancées les plus récentes des recherches sur le cerveau, apporte un éclairage nouveau.


"Matière à penser", avec le matématicien Alain Connes, Ed.Odile Jacob, 2000, 267p.
Amazon wrote:
Les mathématiques et la biologie se trouvent aux deux extrémités du spectre de la science. D'un côté la rigueur logique, débarrassée de toute contingence matérielle, de l'autre une science d'observation, profondément tributaire de savoir-faire techniques et de concepts moraux. Ce livre d'entretiens tente de créer une passerelle entre ces disciplines que tout éloigne. Les deux auteurs, tous deux académiciens et professeurs au Collège de France, s'interrogent sur la nature de la pensée, l'existence des objets mathématiques ou le rapport entre le cerveau et les machines. Au fil des questions et des thèmes, il apparaît que les mathématiques ne sont pas aussi désincarnées que cela, que les objets mathématiques finissent souvent par trouver un équivalent ou une traduction dans la réalité, et qu'à l'inverse certains concepts biologiques, en particulier l'évolution darwinienne, pourraient s'appliquer aux représentations mathématiques. Il est aussi remarquable que des machines électroniques, tels les "réseaux de neurones", puissent simuler certains raisonnements humains. Un dialogue qui ouvre des voies vers les grands courants de la pensée scientifique actuelle.

"Raison et plaisir", Ed.Odile Jacob, 1992, 220p.]
Amazon wrote:
Que se passe-t-il dans le cerveau de l’artiste lorsque celui-ci se crée ? Quels mécanismes régissent l’activité cérébrale au moment de la contemplation d’un tableau D’où vient cette étrange et si puissante émotion, le plaisir esthétique. Peut-on l’expliquer ? Longtemps la création artistique est demeurée un mystère. Depuis une vingtaine d’années, cependant, grâce à l’apport des neurosciences et de la psychologie cognitive, loin de s’épaissir, le mystère peu à peu se dissipe. Explorateur du cerveau et grand collectionneur, c’est à une fantastique "aventure philosophique" au cœur du processus créatif que nous convie Jean-Pierre Changeux, dans ce livre illustré par des chefs d’œuvres peu connus de l’art français et étranger.
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Marc



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PostSubject: L'homme et l'animal   Tue 29 Jan - 21:04

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt ce que tu as écrit sur le corps et l'esprit, mais je me permets quand même de t'avouer avoir haussé les sourcils lorsque je suis arrivé au passage dans lequel tu mets que "l'homme ne représente pas le sommet d'une pyramide évolutive"!
Il est vrai qu'on peut relever un certain nombre de ressemblances entre l'homme et l'animal (l'utilisation d'outils, la construction de l'habitat, la parade amoureuse (là je plaisante un peu)), il y a quand même une différence fondamentale entre nous et eux, c'est la pensée! La pensée nous place non seulement au sommet de la fameuse pyramide, mais nous singularise définitivement du règle animal. Quant au langage, c'est encore assez controversé dans la communauté scientifique, mais si l'on a pu en effet observer une sorte de langage avancé chez certains animaux, en fait il s'agirait plus de signaux élaborés, d'un ensemble de stimulis visuels, sonores et olfactifs... qu'un véritable langage. Ou alors, si langage animal il y a, c'est dans le sens "langage des gestes" ou "langage du corps" qui n'implique que le sens secondaire de "système de signes pouvant servir de moyen de communication" et non le sens premier et essentiel "d'expression de la pensée", qui n'appartient qu'à l'homme et le définit. Autre différence avec les animaux, ces derniers n'enterrent pas leurs morts (Le fameux cimetierre des animaux n'en n'est pas un et la conscience même de la mort n'est pas établie d'une façon certaine chez les animaux). En outre a-t-on déjà vu une vieille chatte déprimée à l'approche de la ménopause? Le comportement d'un chien au seuil de la mort sera-t-il différent pour autant?
Dans cette tentative contemporaine qui est d'abolir toute frontière essentielle entre l'homme et la bête, je ne vois là qu'une sorte de darwinisme extrêmiste et désespéré. Cela dit, je ne renie pas les qualités d'êtres vivants, sensibles et capables d'émotions, aux animaux (que souvent d'ailleurs je préfère à l'homme) et j'ai conscience de toute l'importance que revêt l'étude de leur comportement, mais je ne crois pas que cela est opportun que de chercher à tout prix à nous rapprocher d'une espèce dont nous sommes définitivement étrangers... Du moins jusqu'à une possible contre-évolution.
(On peut prouver que la dynamique des fluides est plus ou moins la même pour l'eau que pour l'huile, cela ne facilitera pas pour autant leur assimilation).
Et pour terminer, je me permettrais de souligner que je n'ai pas abordé la question, pourtant déterminante pour certains, de l'âme humaine. Cela nous aurait ramené sept ans plus tôt, sur un certain parking de Hirosaki où je me souviens avoir tenu avec toi ce genre de discussion et il y a toute apparence de croire que ni l'un ni l'autre n'avons changé de position...
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Emile
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Thu 31 Jan - 12:08

Voilà tout d'abord un extrait tiré de l'article "humanité" de l'encyclopédie Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Humanit%C3%A9).
Cet article résume assez bien mon point de vue et je suis sûr que t'y retrouvera également Wink

Wikipedia wrote:

Le propre de l'homme
Aspects historiques
L'Homme et l'animal

« Le rire est le propre de l'homme » dit Rabelais reprenant Aristote, lequel dit aussi que l'homme est un animal social et raisonnable. Ainsi depuis l'antiquité, des humains se sont interrogés sur le propre de l'homme, se demandant en quoi ils se distinguaient essentiellement des autres animaux.

Pour les religions monothéistes, dans lesquelles l'homme, sommet de la Création, a été fait à l'image de Dieu, cette distinction vis-à-vis des animaux est claire et se caractérise par l'âme. Dans le monde chinois, il est l'agent intermédiaire entre le Ciel et la Terre. Dans cette vision, l'Homme se considère comme l'espèce « dominante » sur la Terre, et l'environnement est mis à sa disposition pour satisfaire ses besoins.

Cet anthropocentrisme pré-scientifique s'est perpétué malgré la révolution conceptuelle provoquée par la théorie de l'évolution au XIXe siècle qui a relié l'homme ("descendant du singe") au reste du règne animal. Ce nouveau paradigme en traçant ainsi une continuité phylogénétique de l'animal à l'humain a mis à mal ces convictions milénaires sur l'unicité de l'homme mais l'anthropocentrisme en vigueur a alors pris une autre forme idéologique : de sommet de la création, l'être humain est devenu sommet de l'évolution. Cela s'est notamment traduit dans la terminologie utilisée dans classifications cladistiques : le terme primates désigne étymologiquement « les premiers » et notre taxon autrefois désigné sous le nom d'Archonta signifait « les chefs ».

La spécificité humaine
Un certain nombre d'aspects ont été mis en avant par les philosophes et les scientifiques comme caractéristique de notre "spécificité". On peut recenser :

La bipédie
L'usage et la création d'outils
L'art
Les comportement guerriers
La vie sociale et les comportements altruistes
La chasse collective et le partage de la nourriture
Les traditions culturelles et la création d'institutions
L'enseignement et l'imitation
Le langage articulé et la communication verbale
La sexualité non-reproductive
Les interdits sexuels
La politique, la morale et le mensonge
L'agression, la torture et la réconciliation
La conscience de soi
Les rires et pleurs
Cependant, toutes ces caractéristiques peuvent être retrouvées sous une certaine forme chez d'autres espèces animales. Par exemple, certains oiseaux sont capables de fabriquer d'utiliser des outils rudimentaires faits de brindilles pour atteindre une noix et les chimpanzés bonobos sont connus pour pratiquer une sexualité non-reproductive homo- et hétéro-sexuelle qui favorise la cohésion sociale. Ces caractéristiques ne constituent donc pas des critères de distinction absolus. Il n'en reste pas moins que chez l'homme certaines de ces caractéristiques sont développées de façon tout à fait particulière, notamment la culture et la vie sociale, l'adaptabilité et le langage articulé. Il s'agit donc d'une différence de degré.

La culture

Spécificités propre à la culture humaine

En science, deux grands domaines tentent d'apporter des réponses à cette question: les sciences de la nature et les sciences sociales. Les sciences de la nature usent du paradigme de l'évolution biologique, tandis que les sciences sociales s'orientent vers le paradigme de l'évolution culturelle, proposée par la paléoanthropologie. L'aspect le plus frappant et évident nous distinguant du reste du règne animal est sans aucun doute la place que prend la culture humaine dans l'organisation sociale de la vie de notre espèce en général, et ce, depuis des milliers d'années. Cependant, la conscience humaine et la connaissance humaine ne retrouvent pas leur équivalents dans le reste du règne animal. La place de la culture dans la vie de notre espèce n'a pas la même importance dans notre développement que peut avoir la culture dans le reste des groupements sociaux animaux. Par exemple :

la foi et la pratique d'une religion ou d'une philosophie de vie ;
l'importance accordées aux innovations humaines dans le domaine technologique ;
l'expression artistique telles que les œuvres littéraires ou architecturales ;
la connaissance humaine et les savoirs rendus sous formes écrite, verbale, numérique, artistique, etc.;
l'activité philosophique et les idéaux visés ;
l'humanité et la conscience de pouvoir agir sur le reste du monde ;
la recherche sur sa propre existence et d'un sens ? à la vie ;
Bien entendu, la culture se retrouve chez plusieurs espèces animales, mais il n'y a que notre espèce qui a fondé des institutions sociales telles que l'école ou le mariage, sur la base de ses croyances et connaissances. Elle est aussi la seule a remettre en question de façon récurrente ces mêmes institutions sociales ; à les redéfinir et à mettre sur pied des réformes ou des révolutions afin de faire changer le système dans lequel notre espèce se situe. Pour ce qu'il est possible d'en savoir, notre espèce est la seule à avoir donné des sens aussi polysémiques aux choses qui l'entoure. En effet, peu de gens, surtout en croisant les cultures et les époques, partagent un même sens d'une réalité sociale. Par exemple, la conceptualisation du mariage à considérablement changé au cours du développement humain, en étant parfois absent, parfois une question militaire, parfois une question morale et parfois une question de liberté individuelle.

Rôle de la culture chez notre espèce sociale

Le triomphe de la République par Aimé-Jules Dalou, Place de la Nation, ParisLe fait que l'humain ne puisse survivre seul et qu'il ait besoin des autres en fait un "animal social". Les communautés d'humains sont en général tissées d'un réseau complexe de relations sociales, de rites, d'usages, de coutumes et de traditions, de normes sociales et de lois. Ce fait a été très tôt remarqué par les penseurs, en Orient comme en Occident : Aristote a défini l'humain comme un « animal social » ; Confucius déclare que, personne ne pouvant vivre avec les bêtes sauvages et les oiseaux, chacun se doit de participer à la société. La plupart des grandes créations humaines sont le produit d'une généalogie complexe d'influences culturelles et des efforts conjugués d'un groupe ou d'un peuple. Des pyramides aux haiku, des didgeridoo aux navettes spatiales, c'est à l'aspect social des humains que l'on peut relier la créativité et l'inventivité qui marque notre espèce.

Le rôle de la culture chez notre espèce dépasse grandement celui qu'elle joue chez les autres espèces. Bien que l'on ne puisse nier la culture présente chez les autres espèces sociales, deux définitions de la notion de culture cohabitent aujourd'hui ensemble en science. Dans sa définition faible, la culture englobe tous les comportements culturels du règne animal :

« Ensemble de signes et de conduites constituant des distinctions dans le comportement de deux communautés appartenant à une même espèce. Pour faire culture, ces signes et conduites doivent être partagés pas les membres du groupe, être transmis socialement et individuellement, manifester des variations dans le temps et dans l'espace telles que ces variations appartiennent toutes finalement à un même ensemble. »

Cependant, dans sa définition forte, la culture n'admet que la culture humaine:

« Ensemble des principes, des représentations et des valeurs partagées pas les membres d'une même société (ou de plusieurs sociétés) et qui organisent leur façon d'agir sur eux-même, c'est-à-dire d'organiser leurs rapports sociaux, la société. Par valeurs on désigne les normes, positives ou négatives, qui s'attachent dans une société à des manière d'agir, de vivre, ou de penser ; les unes étant proscrites, les autres prescrites. » (à suivre...)


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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Thu 31 Jan - 12:09

Wikipédia (suite) wrote:


L'adaptabilité de l'Homme
Si l'on considère son aire de peuplement et la diversité des climats qu'il supporte, on peut penser que l'être humain est l'une des espèces vivantes les plus capables de s'adapter à des modifications extérieures.

Sans doute la fourmi, le rat, les tardigrades ou les bactéries ont aussi un pouvoir d'adaptation élevé, mais à des échelles différentes. Pourtant, l'Homme est l'un des animaux les moins capables de se défendre dans la nature : il n'a pas de corne, pas de crocs, pas de griffes, etc.

L'adaptation de l'humain à un changement de milieu passe par une modification de son environnement immédiat, grâce à ses capacités cognitives et surtout grâce aux connaissances acquises et disponible dans son réseau social. Ce mode d'adaptation est beaucoup plus rapide que celui employé par les autres espèces qui, à des degrés plus ou moins grands d'exclusivité, ne peuvent compter que sur les mutations génétiques. Que celles-ci agissent directement sur la biologie de l'animal ou sur son action sur son milieu environnant, comme chez les insectes sociaux, il s'agit d'un moyen très lent au regard de la réactivité de l'espèce humaine. L'évolution technique et culturelle a ainsi permis une vitesse de modification des sociétés humaines au cours des dernières centaines de milliers d'années. Certains chercheurs soutiennent que l'évolution génétique a précédé l'évolution culturelle, qui depuis ce temps est celle qui détermine le mieux nos transformations sociales. À ce sujet, le paléoanthropologue Yves Coppens soutient que « Le développement technique et culturel dépasse le développement biologique ».

Face à la situation actuelle, l'Homme se voit étiqueté comme étant l'ultime prédateur du monde animal et végétal, et la cause de la sixième grande crise d'extinction massive des espèces que connaitrait l'histoire de la Terre.

Place du langage articulé
Même si plusieurs espèces ont des moyens de communication, rien de comparable aux élaborations humaines et à la place que prend le langage articulé n'a été observé jusqu'à présent. Les grammaires complexes ou les concepts abstraits que chaque humain utilise tous les jours ne se retrouvent nullement à l'état naturel chez les autres espèces et il faut un intense effort d'apprentissage pour qu'un dauphin, par exemple, puisse manipuler les plus rudimentaires de nos concepts abstraits. . Il est actuellement avancé en zoologie que les épaulards ont des accents linguistiques et des langues selon leurs appartenance culturelles. Selon le linguiste Noam Chomsky, un trait distinctif des humains serait l'instinct du langage, un mécanisme inné du cerveau capable d'acquérir un langage par l'observation de notre entourage.

Certains anthropologues pensent que ces traits découlent d'un processus mental moins accessible, et peut-être propre à l'humain : l'aptitude à créer des idéaux et à y aspirer. Les êtres humains peuvent penser dans l'abstraction, manipuler des concepts, des idées. Ils peuvent se mettre en question, utiliser des raisonnements logiques, élaborer des règles morales, planifier consciemment des actions à long terme, tout cela dans une dimension qu'on ne connaît chez aucune autre espèce animale, même si certaines ont montré des facultés dans ces domaines. Homo sapiens signifie d'ailleurs « Homme sage », « Homme qui pense ».

Il faut noter cependant que nous disposons de peu d'éléments pour appréhender les capacités cognitives des autres espèces du genre Homo, comme Homo erectus, ou Homo neanderthalensis maintenant éteintes. Leurs aptitudes au langage font encore l'objet de débats passionnés, même si Homo neanderthalensis présentait les caractéristiques anatomiques indispensables à la parole. Il fabriquait également des outils comparables à ceux des premiers Homo sapiens, et la supériorité de celui-ci sur son contemporain paléolithique Néandertal n'a rien de certain. L'Homme de Néandertal avait notamment un cerveau plus volumineux.

Quoi qu'il en soit la question du propre de l'homme par rapport aux autres animaux s'est déplacée vers le question du début de l'humanité : à partir de quand au cours de son évolution et selon quelles modalités est-il devenu humain ??

Apprentissage et socialisation : les enfants sauvages
Si la génétique n'est pas suffisante et que le rôle du langage et de la culture sont des aspects essentiels de la nature humaine, l'humanité rentre dans le champ des débats sur l'inné et l'acquis et "nature et culture". Ces questions se sont notamment posées au XIXe siècle avec les études sur l'apprentissage et la socialisation des enfants sauvages, et la question : quels apports culturels nécessite un petit d'humain pour devenir un humain ?

Approche de l'évolution culturelle en paléoanthropologie
Cette perspective, développée d'abord par Yves Coppens et Pascal Picq se fonde sur l'étude des premiers hominidés. Elle soutient que l'humanité est apparue après l'avènement de l'Homo sapiens.

Pour les paléoanthropologues et une bonne partie des chercheurs dans le domaine en sciences sociales, l'évolution biologique a précédé l'évolution culturelle, mais cette dernière a surpassée les effets de l'évolution biologique; c'est-à-dire que, selon ce paradigme, la culture est plus à même d'expliquer les transformations sociales et les différences entre les Hommes que la génétique. Les paléoanthropologues sont en accord avec l'approche biologique, jusqu'à un certain point ; ils conçoivent eux aussi que la culture est effectivement être un donné anthropologique (de l'ordre de la nature). Cependant ils ajoutent une nuance particulière, la place de la culture dans la vie de notre espèce animale:

« Les origines de notre espèce Homo sapiens sont certainement africaines et remontent à 200 000 ans. Mais une révolution considérable arrive, portée par certaines populations d'Homo sapiens : la révolution symbolique, avec l'art qui apparraît sous toutes ses formes - musique, gravure, peinture, sculpture, sans oublier les parures et mobilier funéraire. »

Afin de pouvoir comprendre dans quelle mesure l'Homo sapiens n'a pas de toujours été humain, les paléoanthropologue ont dû chercher à comprendre ce phénomène particulier. Ils en sont venu à la conclusion provisoire mais actuelle que l'humanité est en fait notre invention :

« C'est une construction de notre psychisme qui s'appuie nécessairement sur un susbtrat cognitif dont les origines remontent au-delà du dernier ancêtre commun que nous partageons avec le chimpanzé. Au cours de leur évolution, les chimpanzés ne sont pas devenus des hommes; quant aux hommes, il n'est pas certain qu'ils soient devenu humains. »

En ce sens, ces chercheurs affirment que l'humain est loin d'être une notion qui va de soi et qu'il faut parvenir a distinguer l'espèce de l'idéal afin de saisir le propre de notre espèce. Sous cet angle d'analyse l'humain devient une création dans l'esprit de notre espèce. Le paléoanthropologue Pascal Picq pose ainsi la question :

« Le propre de l'humain n'est-il pas justement de se poser cette question : "Qu'est ce que l'humain ?" Et est-ce ce sens propre à notre espèce Homo sapiens ? Dans ce cas, les autres hommes, dits préhistoriques, étaient-ils des humains ? »

Pour résumer, selon cette approche la culture humaine, comprenant la connaissance humaine et le fait "humain" constitue le propre de notre espèce.

En opposition à cette approche se pose celle d'Edward Osborne Wilson et son approche sociobiologique qui sous-tend que la culture modifie la génétique et que les facteurs explicatifs des comportements et de la spécificité humaine sont d'ordre purement biologiques. L'enjeu autour de la question demeure important et ladite réponse, non résolue.

Résumé sur le propre de l'Homme
En fin de compte, la question « quel est le propre de l'humain ? » relève sans doute d'abord de la philosophie mais est aussi une question posé en science, comme c'est le cas en paléoanthropologie et en sociobiologie.

Du point de vue de la biologie, cette question peut sembler peu pertinente si l'on prend l'angle d'approche de la sociobiologie. Par contre la paléoanthropologie apporte une réponse intéressante à la question, tout en se concentrant sur les aspects biologiques d'Homo sapiens. Une citation de Pascal Picq résume cette position scientifique :

« L'humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage évolutif partagé, mais n'est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n'est pas humain de fait. »

Pour la philosophie et la religion les débats se poursuivent encore actuellement autour de la question d'essence de la "nature humaine"
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Emile
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Thu 31 Jan - 12:45

Encore un peu de biblio sur les thèmes abordés ci-dessus:

Pascal Picq, "Les origines de l'homme", Seuil, 2005, 264p.

Quatrième de couverture wrote:

L'origine de l'homme est sans doute le domaine de la science qui a connu, ces dernières années, les bouleversements les plus radicaux. La multiplication des découvertes de fossiles d'hominidés relègue aux oubliettes l'idée d'une lignée ancestrale unique et jette le doute sur les théories expliquant de façon univoque le passage du simiesque australopithèque
au sémillant Homo sapiens sapiens, tandis que les progrès de l'éthologie des grands singes tendent à effacer la limite, que l'on croyait bien assurée, entre l'homme et l'animal. Abondamment illustré de cartes détaillées, crânes fossiles et autres pierres taillées, cet ouvrage d'un spécialiste renommé synthétise avec clarté le long chemin (environ six millions d'années) qui mène de la célèbre Lucy à Neandertal et aux Magdaléniens. Le point sur une question fascinante qui offre, mieux que toute autre, le vertige d'une plongée dans la profondeur du temps.

Biographie de l'auteur
Paléoanthropologue, il est maître de conférence au Collège de France. Il consacre une bonne part de son activité à la vulgarisation de la préhistoire et de la paléontologie.


Boris Cyrulnik, Jean-Pierre Digard, Pascal Picq, Karine-Lou Matignon, "La plus belle histoire des animaux", Seuil, 2004, 255p.

Quatrième de couverture wrote:

Que savons-nous vraiment des animaux Comment sont-ils apparus ? Pourquoi la nageoire, l'aile, la patte, et l’œuf, ce merveilleux produit de la sexualité ? Pourquoi certaines espèces se sont-elles laissé apprivoiser, domestiquer ? Que saisissent-ils du monde ? Pouvons-nous communiquer avec eux ? Comprendre leurs pensées ? Et pourquoi mangeons-nous les uns et aimons-nous les autres ?
L'histoire des animaux, c'est aussi la nôtre : celle de nos rapports mouvementés avec la nature, avec notre passé. Insectes, poissons, oiseaux, mammifères et bien sûr chevaux, chats, chiens et autres familiers, ils défilent dans ce récit conté avec passion par trois des plus grands spécialistes. Une histoire de famille, en somme, dont ils révèlent les secrets.


Jean-Luc Renck, Véronique Servais, "L'éthologie", Seuil, 2002, 340p.

Amazon wrote:

Discipline peu connue, l'éthologie tend à se populariser. Elle est en effet longtemps restée dans l'ombre de l'entomologie, de la zoologie ou du béhaviorisme. Mais sa contribution à des découvertes telles que le décryptage du langage des abeilles, lors de leur fameuse danse, ou bien son étude de la sexualité des singes bonobos, comme fondatrice du lien social, a prouvé l'originalité de son approche. Cette dernière consiste, dans son étude de la constitution du comportement, à ne privilégier ni les facteurs du déterminisme physique ni ceux de l'apprentissage. Car son but n'est pas de les opposer mais de montrer en quoi ils interagissent pour chaque espèce – y compris celle des hommes.
Jean-Luc Renck et Véronique Servais retracent dans ce livre l'histoire de cette science contemporaine qui prend sa source dans l'Antiquité grecque, avec les classifications d'Aristote, et dont les découvertes actuelles tendent à rapprocher l'homme de l'animal. Les lecteurs intéressés par l'éthologie y découvriront avec plaisir une synthèse rigoureuse, mais non dénuée d'humour, des découvertes et des questions liées à cette discipline qui promet encore de nombreuses surprises. --Mona Moalic

Quatrième de couverture
Parmi les grandes avancées scientifiques récentes, le graduel effacement de la frontière entre l'homme et l'animal est des plus surprenants. Il semble que tous les éléments traditionnellement utilisés pour signaler la spécificité humaine (fabrication et emploi d'outils, vie sociale complexe, communication élaborée) se retrouvent dans le monde animal. Est-ce effectivement le cas ? L'observation des comportements animaux (l'éthologie, dont ce livre retrace l'histoire et résume les principaux résultats) est devenue une science majeure et d'autant plus passionnante qu'elle se prête aisément à l'anecdote et au récit factuel. Des travaux de Charles Darwin, Konrad Lorenz ou Niko Tinbergen jusqu'aux observations récentes sur les abeilles ou les coucous, les auteurs dessinent les contours d'une science multidisciplinaire qui, au-delà de notre regard sur l'animal, modifie aussi le regard que nous portons sur notre propre espèce.


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Jérôme GUILLOU



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PostSubject: Matérialisme et spiritualisme   Wed 13 Feb - 23:52

L'émotion ressentie devant l'objet artistique inutile démonte complètement et définitivement les théories neuro-anthropologiques.
L'acte anonyme bon, finit de mettre à bas ce type de théorie.

C'est Helvétius, je crois, qui disait que "nous ne sommes que ce que nous font les objets qui nous environnent", des petits buvards, de petites mécaniques, des horloges qu'il faut huiler pour les faire tourner.
Dans cette citation, il faut principalement retenir le "ne que", position réductionniste propre à tous les matérialistes.
Je commence par préciser que la position philosophique et religieuse extrême des spiritualistes (opposés aux réductionnistes matérialistes) propose une vision de l'homme sans doute trop idéale pour ne pas être frustrante, humiliante, un absolu que je qualifierais même parfois d'inhumain (trop inatteignable).
Cette réserve faite, j'en reviens aux matérialistes réductionnistes, dont certains parlaient de boyaux de la pensée à propos du cerveau ("le cerveau n'est à la pensée que ce que sont les boyaux à la digestion") : cette posture charmante implique une dévalorisation de l'homme, privé de sa composante spirituelle, et qu'on peut dès lors améliorer, modifier, supprimer pour non conformité...
En effet, le matérialisme réductionniste est le vecteur privilégié des totalitarismes de tous bords : communistes et nazis.
Comment peut-on ne pas voir que les défenseurs des animaux (qui souffrent comme nous et qui ne nous sont pas inférieurs) extrémistes rabaissent l'homme à un niveau dangereusement bas ?
Comment ne pas comprendre qu'assimiler l'homme à un animal, c'est l'inviter à prendre rang sur les chaînes d'abatoir ?
Tous les totalitarismes veulent, pour son bien, réformer, rééduquer l'homme, par trop imparfait.

Bref, méfions-nous des "ne que" : "l'homme n'est qu'un assemblage de molécules, de neurones".
"L'homme ne veut pas, la configuration de ses organes, et l'interaction de ses actes avec le monde extérieur fait qu'il veut ça ou ça."
Disons plutôt que l'homme est perfectible, et non pas qu'il n'est que trop imparfait.
Il s'agit de postures anthropologiques radicalement différentes et pas simplement le signe d'un esprit plutôt positif ou plutôt négatif.

Je préciserais encore que de même qu'il ne faut pas confondre pensée orientale et pensée occidentale, il ne faut pas assimiler le matérialisme que je qualifierais de dichotomique de Descartes (corps d'un côté et glande pinéale de l'autre : c'est à dire corps encore, puisque Descartes expliquait l'esprit par le corps) aux spiritualistes historiques : Saint Augustin, les Pères de l'Eglise...

Les conséquences de ces choix, de ces options philosophiques sont d'importance :
Les manipulations de l'homme ne se sont pas arrêtées avec le nazisme (le communisme les a continuées et alméliorées déjà) et nos démocraties font parfois des choix surprenants : stériliser les faibles d'esprit en Suède, dans les années 60 je crois, permettre l'avortement thérapeutique pour toutes les raisons (à partir de combien de doigts, un foetus peut-il être réduit ?), favoriser le dopage dans le sport en érigeant en but ultime le franchissement des (cols pour les cyclistes) records, ostraciser les gros au nom du Beau...
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Tue 19 Feb - 13:10

Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas écrit ! Shocked Shocked Shocked Laughing Laughing Laughing

Il existe effectivement une grande variété de courants dans les neurosciences dont certaines telles les neurosciences computationnelles ou la neuro-économie semblent extrêmement réductrices, mais les ouvrages et auteurs que je cite ne proposent en rien des théories extrémistes, au contraire, je les ai choisies justement pour l'ouverture d'esprit (à mon sens) de leurs auteurs !
Ainsi, en ce qui concerne l'émotion ou l'art, justement Alain Berthoz ou Antonio Damasio pour ne citer qu'eux donnent à l'émotion une place essentielle dans la pensée et les processus cognitifs, notamment la prise de décision, et Jean-Pierre Changeux, s'il est un neurobiologiste particulièmement connu, n'en est pas moins un amateur d'art notoire.

Pour en revenir aux positions extrémistes que tu cites, hélas, l'homme s'invente toujours les meilleurs raisons, qu'elles soient "scientifiques", "religieuses" ou "idéologiques" pour s'attaquer à son prochain.

Tu te doutes bien que si j'ai choisi de parler ici de CERTAINS ouvrages relatifs aux sciences cognitives, c'est parce qu'au moins une bonne part de leur contenu me semble pertinent et digne d'intéret...


Last edited by Emile on Sun 21 Dec - 7:44; edited 1 time in total
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Tue 19 Feb - 13:42

Allez, pour la peine, voici quelques ouvrages d'Antonio Damasio:

"L'erreur de Descartes", Ed,Odile Jacob, 1997, 368p.
Quatrième de couverture wrote:
Etre rationnel, ce n'est pas se couper de ses émotions. Le cerveau qui pense, qui calcule, qui décide n'est pas autre chose que celui qui rit, qui pleure, qui aime, qui éprouve du plaisir et du déplaisir. Le coeur a ses raisons que la raison... est loin d'ignorer. Contre le dualisme du corps et de l'âme, mais aussi contre ceux qui voudraient réduire le fonctionnement de l'esprit humain à de froids calculs dignes d'une machine, voilà ce que révèlent les acquis récents de la neurologie. Un ouvrage déjà classique, par l'un des plus grands spécialistes et théoriciens mondiaux du cerveau.
Antonio R. Damasio dirige le département de neurologie de l'Université de l'Iowa, aux États-Unis, et enseigne à l'Institut d'études biologiques de La Jolla.

"Spinoza avait raison: joie et tristesse, le cerveau des émotions", Ed.Odile jacob, 2005. 370p.

l'Amazone wrote:
À mesure que la neurologie progresse et que se développe la psychologie cognitive, les scientifiques de ces disciplines éprouvent un besoin grandissant d’entrer en dialogue avec les philosophes. C’est le cas du neurobiologiste Jean-Pierre Changeux qui débat avec Paul Ricœur dans Ce qui nous fait penser : la nature et la règle ou encore de Jean-Didier Vincent et Luc Ferry qui échangent autour de la question : Qu’est-ce que l’homme ?. Antonio R. Damasio, neurologue américain, préfère pour sa part prendre comme interlocuteurs de grandes figures de l’âge classique : après L’Erreur de Descartes, voici Spinoza avait raison !
Comme l’indiquent sans nuance les titres de ces ouvrages, le scientifique prétend intervenir sur le terrain philosophique en arbitre et en juge. Justice expéditive, sans doute, s’il est vrai qu’on ne doit pas s’attendre à rencontrer, au fil des pages de cet essai spinoziste, une connaissance précise et de première main de la doctrine du philosophe hollandais. Alors, faut-il refermer le livre et s’en remettre soit à Spinoza lui-même (Éthique), soit à un bon manuel de physiologie nerveuse ? S’il faut lire Spinoza avait raison, si l’on veut y trouver plaisir et intérêt, ce n’est pas pour en apprendre sur la façon dont l’auteur administre le credo neurobiologiste selon lequel le cerveau produit les émotions et les pensées ; c’est plutôt pour se laisser séduire par les rêveries d’un scientifique du XXIe siècle autour d’un homme du XVIIe qui le fascine à plus d’un titre. Sur les traces d’un humble polisseur de lentilles dont la profondeur de pensée n’a d’égale que la force de sa vertu, l’auteur nous entraîne dans les ruelles de La Haye et d’Amsterdam pour nous y faire partager quelque chose que la neurologie n’a pas encore complètement élucidé : l’amour de Spinoza.

Présentation de l'éditeur
Qu'est-ce qu'une émotion et qu'est-ce qu'un sentiment ? Quelle en est leur valeur pour l'être humain? La joie et la tristesse en particulier sont les clés de notre survie et de notre bien-être. Non seulement les processus qui les expliquent préservent la vie en nous, mais ce sont elles qui nous motivent et nous aident à produire nos créations les plus admirables. Descartes a instauré la grande coupure entre le corps et l'esprit; Spinoza les a réunis et a su voir dans les émotions le fondement même de la survie et de la culture humaines. D'où ce voyage afin de découvrir le génie visionnaire de l'Éthique. Car c'est Spinoza qui préfigure le mieux ce que doit être pour Antonio R. Damasio la neurobiologie moderne de l'émotion, du sentiment et du comportement social. Elle fournit les concepts et les perspectives nécessaires au progrès de notre connaissance de nous-mêmes

"Le sentiment même de soi: corps, émotions, conscience", Ed.Odile Jacob, 1999, 380p.

L'éditeur wrote:

Qu’est-ce qui fait de nous des hommes ? Le privilège d’être dotés d’une conscience ? Antonio Damasio propose une nouvelle théorie permettant d’expliquer en termes biologiques le sentiment même de soi. Comment le cerveau engendre-t-il les structures mentales qui nous donnent à voir des images ? Comment crée-t-il ce sentiment de nous-mêmes dont nous faisons l’expérience lorsque nous pensons quelque chose, percevons quelque chose, imaginons quelque chose ? Non, la conscience de soi ne tombe pas du ciel. Oui, elle peut s’expliquer, presque se montrer, et nous pouvons la connaître. Nous savons enfin ce que nous sommes et pourquoi. Une révolution ?
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Tue 24 Feb - 12:56

Je continue cette bibliographie avec le paléo-anthropologue Pascal Picq, déjà cité plus haut, et dont j'avais également posté un extrait vidéo d'un entretien avec le philosophe François L'Yvonnet sur le sport.

Pascal Picq, "Nouvelle histoire de l'homme", Lib.Académique Perrin, 2007, 325p.

L'éditeur wrote:

Dans cette première histoire de l'Homme, en croisant l'histoire des mentalités, de la philosophie et de la génétique, Pascal Picq explique le long cheminement menant à la reconnaissance de la pluralité des peuples de la terre. S'appuyant sur quelques grands moments d'histoire - par exemple la controverse de Valladolid ou le procès du singe en 1925, il pose les jalons d'une nouvelle histoire de l'évolution, en harmonie avec l'environnement. Un livre passionnant sur la quête des origines humaines.

Biographie de l'auteur
Pascal Picq est paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France. La nouvelle histoire de l'Homme a reçu le Grand Prix Moron de l'Académie française pour la défense d'une nouvelle éthique.
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PostSubject: Re: Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)   Today at 13:23

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Sciences cognitives et arts martiaux (Bibliographie)
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