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 Okinawa-shugyô I

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Hanchindi



Number of posts : 14
Localisation : Okinawa
Registration date : 2007-07-15

PostSubject: Okinawa-shugyô I   Sun 15 Jul - 18:59

Août 1993.

Premier voyage au Japon. Avec trois co-disciples (deux élèves d'Ôshiro de Paris, un de Toulouse et un mixé Ôshiro et Takayasu), nous partons pour le Pays du soleil levant.

Le vol jusqu'à Tôkyô se passe bien. L'aéroport de Tôkyô, c'est ma première surprise, c'est lumineux, y'a de la moquette partout, des télés grand écran dans les salles de débarquement. Ensuite on prend le "limousine-bus" pour Kyôto où nous devons retrouver Ôshiro. On arrive à la station de la gare de Kyoto… pas d'Ôshiro.
Le senpai prend la direction des opérations "Si on traverse la gare, on va s'paumer. Doit bien y-avoir moyen d'la contourner!". Bons soldats, on l'suit et… on s'paume.
Finalement, grâce à des touristes Néerlandais on arrive à trouver le ryôkan (auberge japonaise) et sur le perron, on voit arriver Ôshiro, tout sourire (premier contact avec Okinawa time).

Visite de la ville et de ses multiples temples, découverte du Japon et des différences culturelles, ex. on m'avait dit "les vieux Japonais sont très polis, tu les salues, ils te saluent", bon bah… on va voir. J'en croise un je le salue, il me salue… je le salue, il me salue… re, re, re, re et comme ça jusqu'au bout de la rue. Conclusion, c'est vrai… au moins pour celui-là.

Deux jours plus tard, on part pour Ôsaka, direction Okinawa (par avion). Visite du château d'Ôsaka, c'est joli, dans le parc y a même une grande roue…

Arrivée à Okinawa, nous sommes accueillis par les membres du Kokusai Karate Kobudô Renmei, dirigé par Higa Seikichi 10° dan gôjû ryû.
Excellente surprise, le frère d'Ôshiro nous prête sa maison et la famille nous prête une voiture.

Le lendemain, rendez-vous chez Higa, présentations, échange de cadeaux.
Le soir venu (19h00), premier cours (Ôshiro n'est pas là) avec les enfants, travail des bases, positions, à la fin du cours, on ne sait pas quoi faire. Mais on nous dit "les choses sérieuses vont commencer".
L'entraînement adulte commence. Chacun va à son rythme, on commence tous ensemble et puis suivant les erreurs d'un tel ou un tel, il est pris en aparté par un des sensei présents, ce qui a l'énorme avantage de ne pas ralentir la progression des autres.
L'entraînement adulte se déroulera toujours de la même façon, individualisée. Un kata choisi au départ, des corrections individuelles adaptées à chacun.
Au dôjô, il y a toujours au moins un 10° dan, deux ou trois 8/9°, des 7°, 6°, 5°. L'ambiance est (très) studieuse, mais tellement relax (attention pas baba cool, on bosse dur).

Après l'entraînement (sur les coups de 22h00, on jette l'éponge, parce qu'on commençait à avoir des difficultés avec la chaleur, beaucoup des gens sont encore restés), on va manger avec certains qui nous prennent en charge.

Le lendemain matin, nous avons rendez-vous au dôjô avec Ôshiro et une surprise, pour un entraînement.

La SURPRISE : Kyûna Chôyû sensei 10° dan, 62 ans, un costaud pour un okinawaïen. Il s'échauffe tranquille dans son coin (des curls avec une barre chargée, plus tard j'irais voir combien de kilos… 50).

Bon on est prêt, Kyûna nous demande de montrer c'qu'on sait faire. "Ah oui, c'est pas mal ton blocage là (kakeuke), mais si ceci, comme ça…" Et il prend Ôshiro comme partenaire qui attaque franco, bah Ôshiro, y l'a pas besoin des cours de Candeloro pour glisser.
Bref, moment intense.

Après l'entraînement, on va manger aux alentours du dôjô, les keikogi sèchent et cuisent sur la voiture, l'après-midi, à la demande générale, rendez-vous chez Shureido sensei, un magasin de fournitures de karaté/kobudô.

Le soir, direction le Kôdôkan de Matayoshi Shinpô. Avec les armes et surtout les bâtons, y a pas beaucoup de place pour s'entraîner, surtout qu'il y a du monde, des shôrin, des uechi, des gôjû, des Okinawa kenpô…
Chez Matayoshi, l'entraînement se déroule de la même manière que chez Higa, on prend un kata et on l'explore, le seul problème, c'est le manque de place… mais on a l'temps, et chacun y trouve son compte.
Pourtant on voit tout de suite qu'ils ne sont pas habitués à l'enseignement de masse.

Chez Matayoshi, je perçois plus cette nuance entre sensei et shifu (employé en Chine avec la prononciation sifu, Maître/Père), au fur et à mesure de mes séjours, cette notion se fera de plus en plus sentir.

A la fin du cours, Matayoshi nous invite dans un grand resto, on mange, on discute, on rigole.

Les entraînements seront toujours répartis de la façon suivante : lundi, mercredi, vendredi, karaté; mardi, jeudi, kobudô, les armes de kobudô du Kôdôkan sont gentiment mises à notre disposition; week end, tourisme ou quartier libre. Tous les matins, cours dirigés par Ôshiro, au Shôdôkan de karaté.

Dans la semaine, l'après-midi est consacré à nous, on explore la ville ou on fait la sieste. Pour nous qui venons d'un pays où la même chaleur l'été équivaut à une canicule (33/35°) et avec un taux d'humidité très élevé (au moins 70°, je change trois fois de teeshirt/jours), c'est vite exténuant. />


LES JOURS EXTRA-ORDINAIRES:

Aujourd'hui nous sommes prévenus "Habillez-vous bien, costume, cravate"… et on se retrouve, conduits par Higa Seikichi, dans les locaux de l'Okinawa Times, journal local pour une interview. Thé, biscuits, séance photos…

Aujourd'hui on se prépare pour un pique-nique, rendez-vous au Kôdôkan de Matayoshi, on doit partir s'entraîner sur la plage d'une île proche… mais l'annonce d'un typhon fait renoncer à ce beau projet. Mais nous ferons quand même le pique-nique… dans le dôjô.
Au cours du repas, Matayoshi, avec sa bonne humeur et son espièglerie coutumière, remarque qu'il y a une jeune demoiselle et une autre moins jeune et v'la t'y pas qu'il annonce les fiançailles officielles de la jeune avec votre serviteur et la moins jeune avec mon ami toulousain.

Aujourd'hui, mais depuis quelques jours, on passait beaucoup de temps sur le kata seipai. Aujourd'hui, donc, direction Convention center pour une démo d'arts martiaux. Au programme : gôjû, uechi, shôrin, okinawa kenpô,isshin, ryû'ei, kobudô de tous horizons, tai chi, armes chinoises…

Les visites touristiques nous permettent de découvrir les charmes d'Okinawa: Shuri jô, reconstitution du château royal du royaume de Ryû kyû; Ryû kyû mura, reconstitution d'un village typique du royaume de Ryû kyû; Gyokusendo, grottes dans le Sud d'Okinawa; nous passons une journée de repos sur l'île de Zakimi, coups de soleil au retour, les tests de sanchin seront craint la semaine qui vient.

Hier soir, ça été rude, on a finit au karaoke. Le problème c'est qu'il n'y avait que des chansons japonaises et des chansons françaises de chanteurs français super-célèbres au Japon et totalement inconnus en France… La patronne nous a finalement dégoté "My way", mais aucun de nous ne connaissais les paroles de "Comme d'habitude", le senpai a pris le taureau par les cornes et nous a refait des paroles. On était mort de rire et les autres clients nous voyant hilares, se marraient autant que nous. Super soirée.
Le lendemain matin, le réveil fut difficile, on a bien entendu la musique du camion de ramassage des ordures (au Japon, ces camions sont annoncés par une petite musique de camion de glaces), mais personne n'a eu la volonté d'y aller jusqu'à ce que le Takayasu-boy bondisse et dans un geste magistral s'empare du sac poubelle et s'en aille courir après le camion revêtu de son seul caleçon, les vieilles d'Okinawa doivent encore en parler à la veillée.

Ce matin, au petit-dej, ce fut bizarre, Takayasu-boy était encore dans les bras de Morphée, avec Toulouse nous regardions notre café avec des yeux totalement inexpressifs et senpai prenait sa douche. Quand tout à coup, il en bondit en nous disant "y a l'eau qui tombe en zigzag". Takayasu-boy avait bien ouvert un œil embrumé, Toulouse et moi, on avait bien vu le café tanguer dans les tasses, mais bon… Le soir on nous apprend qu'il y a eu un tremblement de terre.

Trois semaines se passent comme une journée de rêve. sayônara party, cadeaux de la part de Higa sensei et de Matayoshi sensei.

Trois jours de visites à Tôkyô (sans Ôshiro, qui reste à Okinawa pour ses vacances).
Visite du parc du château impérial, du quartier de Ginza, du quartier de Ueno, où se trouve notre hôtel.

Retour avec escale à Moscou, l'aéroport est sombre, le rêve est bel et bien fini.

Arrivée à l'aéroport Charles de Gaulle, je commence à sentir le retour du stress.
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