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 Okinawa-shugyô II

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Hanchindi



Number of posts : 14
Localisation : Okinawa
Registration date : 2007-07-15

PostSubject: Okinawa-shugyô II   Sat 15 Sep - 12:49

Août 1995

Départ pour le Japon, cette fois le groupe est plus conséquent (une grosse dizaine de personnes). Pour moi, ce sera un mois avec le groupe Oshiro et deux mois seul, depuis mon dernier séjour, je suis tombé amoureux d'Okinawa.

Cette année, on arrive par l'aéroport d'Osaka, pas besoin de faire le transit de Narita (aéroport international) à Haneda (aéroport national) par bus, c'est toujours des heures de transport en moins, et puis le paysage, ce n'est que du béton, rien de folichon.

Arrivée à Naha, comme la fois précédente, nous sommes accueillis par les membres de la Kokusai Karaté Kobudo Renmei de Higa Seikichi, mais cette fois, ils viennent avec une camionette pour les bagages. Nous, nous prenons des taxis, les taxis japonais sont à ouvertures automatiques pour les portes et le coffre arrière, pas besoin d'ouvrir ou de fermer, c'est assez surprenant la première fois… et la deuxième.

Nous arrivons à l'hôtel en bordure du port de Naha, il fait déjà nuit. Pour cette première soirée, quartier libre, mais Oshiro nous indique quand même les facilités à proximité. Grande surface de l'autre coté de la rue, supérette 24 open pas loin et des restos aux alentours.

En raison du grand nombre de participants à ce voyage, l'organisation des cours est complètement différente. Plus d'entraînement individualisés, cours de masse; au kobudo, c'est la même chose, la raison principale de ce changement, c'est le manque de place et de personnes qu'il aurait été nécessaire pour nous encadrer.
Peu importe ces entraînements furent quand même très enrichissants.
Pour profiter au maximum des cours de karaté, nous assistons aux cours enfants, dès 19h00 pour finir sur les coups de 23h00… épuisés.

Soirée extra-ordinaire au kobudo.

Matayoshi me demande "tu connais ce kata" (karaté); "oui je connais"; "vas-y, fais-le"; je fais le dit kata; "c'est pas mal, recommence", et là corrections pendant le kata;. Et il recommence comme ça pour un autre kata de karaté et deux de kobudo. A la fin il me dit "c'est bon t'as bien bossé, tu peux aller t'asseoir". Et les autres échauffement.
Ce soir là j'ai compris qu'avec lui, quand je serais seul, ça s'ra pas deux mois d'vacances.


Ce soir, diner avec le staff du Kokusai Karaté Kobudo Renmei, à Naha. Le diner commence normalement et l'heure avançant, les esprits se libèrent. En pleine salle, remplie de mangeurs, Kushi donne des explications sur le relâché du bras pendant un coup de poing.

Les après-midi, entre les entraînements, tourisme au programme, visite obligé chez Shureido sensei.

Un mois se passe ainsi. Départ pour l'aéroport de mes co-stagiaires, je les accompagne et je rentre en bus accompagnant Higa Seikichi. Avant le départ de mes co-stagiaires, je me suis trouvé un minshuku (litt. logement populaire) pas trop loin du Shodokan et très près du Kodokan. La patronne est sympa, le prix comprend la chambre avec télé, clim et ventilateur, les repas, la lessive, j'vais pouvoir vivre à la japonaise, avec des Japonais et des Okinawaïens, le pied.

Maintenant que je suis seul, les entraînements reprennent leur cours normal… sauf que j'ai pour moi tout seul TOUS les sensei, Higa, Kyuna, Oshiro (un autre), Yoena, Yamashiro, Kushi, Kinjo… Et ils sont bien heureux que je sois là, ils profitent de ma présence pour discuter du bien fondé et des avantages de telle ou telle position… pendant que je suis en position "bouge pas avant qu'j'ai fini mon explication".
Ex. entre eux "oui, mais, très cher Yamashiro san ce neko ashi dachi permet de…"
"certes mais dans ce cas, si le déplacement n'est pas assez rapide, balayage…" et hop, j'me r'trouve par-terre.
Des comme-ça-du-même-genre, j'en ai eu plus qu'à mon tour.

Les bunkai sont du même accabit, faut qu'ça marche, "bon si tu y arrive pas en souplesse, mets un peu de puissance, t'arriveras bien à le faire souple en son temps", qu'y m'disent.

Maintenant que je peux me prendre en main, je m'organise mon propre emploi du temps :
10h00-12h00 : hojo-undo, travail avec instrument pour le renforcement des techniques,
Je rentre manger au minshuku ou je vais manger sur le port.
L'après-midi, je commence à étudier l'histoire d'Okinawa, ce qui implique de faire des recherches dans les furuhon, bouquinistes, visiter des musées et travailler aux traductions.
19h00-2?h?? : entraînement karaté ou kobudo.

Pour le hojo-undo, Higa m'a gentiment proposé d'utiliser le matériel de son dojo.
A ma disposition, j'ai donc chi ishi, "haltère" avec un poids à une seule exrèmité,
ishi sashi, pierre percée pour la prise de la main,
kami, jarres,
makiwara, poteau de frappe, le makiwara d'Okinawa est très souple, le but de celui qui frappe, n'est de nécessairement frapper fort, mais aussi et surtout de lâcher le coup, lors de mes entraînements du soir, Yoena sensei plus de 90 ans cette année-là, insistait sur la rotation de hanches pour générer la puissance "c'était comme ça avec sensei" (Higa Seko),
tetsu geta, socques japonaises en fer,
tan, barre à disques, très prisé par Kyuna sensei…
Le premier matin, je me présente donc au domicile de Higa, sa femme m'ouvre la porte et me dit "voilà la clef, en partant mets la dans la boite aux lettres". Grande surprise, Madame Higa m'apporte des petits gâteaux et des boissons pendant l'entraînement et me dit "ce que tu ne mangeras pas, emporte le". GENTILLE MADAME HIGA.

En fait je ne suis pas le seul blanc au Shodokan, il y a Jay, un météorologue américain, nous sympathisons et nous entraînons ensemble, il aime beaucoup les clefs sur les bras, les jambes…
Et puis, un jour arrive quatre Argentins, gabarit rugbymen, voire all blacks. Très sympa, ils m'invitent à manger des plats typiques, de chez eux, dans l'appartement qu'ils ont loués.

Avec eux, j'ai vécu une soirée extra-ordinaire au karaté.

Ce soir Kyuna est là, "Eh oh, les argentins, venez donc faire kakie".
Petit rappel de leur gabarit : All blacks, Kyuna, gabarit costaud, certes, mais moins qu'eux et l'expérience en plus.
Il les a prit un par un, à la suite, jusqu'à ce qu'ils s'avouent vaincu, sans forcer. Moi dans mon coin, je regardais d'un coin d'œil narquois, en faisant un kata… "Eh toi, là bas, viens donc jouer avec nous". Et j'ai fait kakie… à deux mains et lui, sur un seul pied.

Une autre soirée extra-ordinaire.

Toujours au Shodokan, un papillon de nuit rentre par une fenêtre ouverte, pendant le cours enfants, s'ensuit ce qui arrive partout, les enfants en profitent pour chahuter. Et puis, je vois Oshiro Yuzuru qui marche lentement, les mains dans le dos, l'air de rien. Et tout d'un coup, il détend le bras, percute le papillon qui s'écrase au sol. Puis Oshiro se penche, ramasse l'insecte, le pose sur le rebord de la fenêtre et le papillon s'envole.

Une fois par mois, après l'entraînement du dernier vendredi du moi, les Yudansha (personnes qui ont un dan) du shodokan se réunissent pour la soirée dans un izakaya (litt. auberge, typiquement japonaise, où il y a du sake). Discussion, rigolade, l'atmosphère est très détendue et la soirée très agréable.
Ce soir, c'est spécial, en honneur du départ des argentins, Higa Seikichi a demandé à Sakiyama Sogen (un bonze zen) de venir faire une conférence sur le zen.



Souvent, je rencontre Matayoshi dans le marché de Naha. A chaque fois, il m'invite à boire, ou me propose de venir au dojo pour discuter à bâtons… pas si rompu que ça, d'ailleurs.

De temps en temps, des visiteurs viennent au kodokan (kobudo), et chaque fois, c'est la même rengaine "Tiens, toi qui parles anglais, fais leur un cours débutants, hojo-undo…, et pis ça t'f'ras bien du bien, tu reverras les bases". J'aime pas ces soirées là (égoïstement), j'approfondis rien.

Jeudi soir, Matayoshi me dit "samedi, démonstration à Naha matsuri (fête de Naha) tu viens!"
Samedi arrive, je suis incorporé d'office à la démo et je démontre entouré de Gakiya et Ishiki, en redescendant de l'estrade, Matayoshi me dit "après Yogi, t'y vas tout seul.
En rentrant, Ishiki demande à Matayoshi "c'est bien demain dimanche, la séance sanchin?" "oui, demain. Tu (je) viens aussi." En fait c'est pas sanchin, c'est happoren.

Un soir, Matayoshi me dit qu'une semaine après mon retour en France, lui et trois de ses élèves, Gakiya Yoshiaki, Yamashiro Kenichi et Ishiki Hidetada doivent, eux aussi venir en France. A partir de ce jour, on incorpore un kata hakkaku au cour.

Grâce à l'introduction d'une connaissance, j'ai l'opportunité de m'entraîner au dojo Enbukan de Nakamura Yoshio. Le fils Nakamura, très gentiment me dit que j'ai suffisamment de kata avec ceux du goju et du kobudo, ils me m'enseigneront donc que leurs techniques de déplacements et leurs techniques de frappes, surtout le coup de poing.

L'avant veille de mon départ, sayonara-partie avec le staff du kodokan, dans un izakaya, super ambiance et Matayoshi me dit "A dans une semaine… y aura un passage de grade…"

La veille de mon départ, le staff shodokan organise une sayonara-partie, dans un izakaya. Les grands pontes du Kokusai Karate Kobudo Renmei sont au rendez-vous, même certains que je connais, qui ne s'entraîne pas au shodokan, mais qui sont quand même venus. C'est un immense honneur!

Retour par Tokyo, je suis obligé de passer une nuit à Tokyo, j'en profite pour faire une visite des alentours de l'hôtel. Le lendemain, départ, arrivée à Paris, on est début novembre, il fait gris et froid, entre Paris et Okinawa, il y a une différence de 20°. Le stress revient au grand galop…
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